On a déjà beaucoup parlé de Demis Roussos dans ce blog ici ou là. Mais je dis halte aux clichés. La Grèce, c’est pas que Demis Roussos, Vangelis, Nikos Aliagas, le sirtaki et les philosophes homosexuels. Et c’est pas la Rata avec sa gueule de métèque qui va me contredire.
La Grèce, c’est aussi Nana Mouskouri.
Et ça, on oublie trop souvent de le dire.
Nana Mouskouri et les Athéniens.
Ca ne s’invente pas.
[Digression autobiographique: ma grand-mère était toujours épatée par la propreté des lunettes de Nana Mouskouri. Jamais une trace de doigt ou une merde. Incroyable.]
Pour ceux qui croient encore que Nana Mouskouri n’était que le sponsor officiel des bombes à chiottes Wizard, il est temps de remettre les pendules à l’heure. Si Nana Mouskouri est connue en France pour avoir chanté dans notre langue, on oublie souvent, malgré son nom suspect, qu’elle nous vient du pays des Hellènes et qu’elle a donc chanté de très belles chansons dans sa langue maternelle.
Parmi elles, Enas Mythos (“un mythe” en français):
Ena mytho tha sas po pou ton mathame pedia
Itan kapios mia fora pou ‘fige stin erimia
Ki apo tote sta vouna zouse pia me to kinigi
Ki apo misos stis yinaikes den katevi sto horio
Yia to mytho pou mas lete allo mytho tha sas po
Itan kapios mia fora dichos spiti ke gonia
Yia tous andres ihe friki ki ena misos foyero
Omos oles tis yinaikes tis agapage tharro
Ce qui peut être traduit par:
Je vais vous raconter une histoire que nous avons apprise quand nous étions petits
Il était une fois un homme qui vivait à l’état sauvage
Il vivait alors de la chasse dans les montagnes
A cause de sa haine des femmes il ne descendait pas au village
Cette histoire que tu nous as racontée m’en rappelle une autre que voici
Il était une fois un vagabond
Il avait peur des hommes et une haine terrible
Pourtant je crois qu’il aimait toutes les femmes
(traduit depuis l’anglais d’après la traduction du grec de Panselinos sur le forum allthelyrics.com)
Je trouve ça fantastique qu’on puisse faire une chanson de 5 minutes avec 8 vers, et raconter une histoire vaguement mythologique avec 40 mots de vocabulaire, tout ça avec une mandoline un bouzouki et un sourire Ultra Brite.
Ils sont forts, ces Grecs.

3 comments
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mai 31, 2009 à 7:53
ratapinhata
Merci ma poule, mes yeux de métèque en sont tout humides.
Cela dit, si vous voulez écouter de le vraie bonne musique grecque, voici un lien qui vous conduira sur Deezer, où vous pourrez entendre la belle voix d’Angélique Ionatos vous chanter les poèmes de Sappho (traduits en grec moderne, essevépé). Ca s’appelle “Aerion épéon”. Je n’ai as réussi à trouver une traduction, tant pis.
http://www.deezer.com/track/2714971
juin 1, 2009 à 4:52
sgenmaster
Mia krifi evaïstissia kai kyrie eleison.
Efharisto Simeonis.
juin 1, 2009 à 6:15
ratapinhata
Parakalo kala Camilla
Amen