Chose promise chose dûe, Orange Guy et votre servante avons assisté au concert de Motörhead ce mercred 15 juillet. Joie, ô mes frères, Lemmy et ses sbires se portaient comme des charmes, saluant le public d’un tonitruant: “We are Motörhead, and we’re playing ROCK AND ROLL!!!” Inutile de dire que les fans (les Motörheadbangers, pour ne pas les nommer) étaient en transe et la musique à l’avenant. Voyez plutôt cette belle version d’ Ace of Spades, glaçage sur le cupcake d’un concert de près de deux heures…
Et pourtant, la soirée avait plutôt (très) mal commencé, par la faute d’un groupe de nu-metal complètement pourave (quoique… on frôle le pléonasme) en première partie. Heureusement, les franco-allemands de Shaka Ponk ont ensuite bien relevé la sauce, en attendant les trois vénérables rockers anglais.
Si Lemmy Kilmister était donc égal à lui-même (jeu de basse comme s’il s’agissait d’une guitare éléctrique standards, moustache en guidon de vélo, chapeau de général sudiste, regard qui te fait faire pipi dans ta culotte…), mention spéciale à Phil Campbell, autoproclamé “branleur de guitariste” et à Micky Dee, dont la coupe de cheveux ferait pâlir Bonnie Tyler de jalousie, et qui a eu la bonté de nous gratifier d’un solo de batterie d’une bonne quinzaine de minutes. Mais, comme dans tout bon concert hardos, le spectacle était dans la salle, où plutôt dans la fosse, où, il faut bien l’avouer, on n’est pas resté très longtemps.
Règle numéro un: lors d’un concert hardos, on repère les fans chevelus et les fans au crâne rasé, et on évite la deuxième catégorie autant que possible. Même si le gros skin là-bas pleure de joie en écoutant “Overkill”, cela ne fait pas de lui un doux agneau pascal. En fait, il s’apprête soit à te pogoter jusqu’à plus soif, soit à te saisir par les dessous de bras et à t’envoyer faire du stage-diving chez les Grecs.
Règle numéro deux: on se cale derrière un anti-pogo. Eh oui, il y en a, et ce sont généralement eux les fans les plus hardcore, les vieux de la vieille vêtus de T-shirts celtisants venus pour apprécier la musique. Donc, si un pogoteur leur écrase trop violemment le gros orteil, ils ripostent non violemment en criant “y’en a marre du pogo!!!”, genre “barre-toi d’mon herbe!!!”. En fait, les concerts de Motörhead, c’est un peu comme “Le génie des alpages”. On a l’odeur et le poil, sauf qu’au Gaou, la chlorophylle on la broute pas, on la fume.

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